Histoire du Luxembourg et politique, capitale de l’Europe

Le système politique luxembourgeois

Après une histoire assez bousculée au gré des successions et autres conflits en Europe, le Luxembourg acquiert son indépendance en 1839 par le Traité de Londres.
Aujourd’hui le pays
est gouverné par une Monarchie Constitutionnelle, avec à sa tête un Grand-Duc. C’est le seul Grand-Duché au monde. 

Le Luxembourg est un des pays fondateurs de l’Union Européenne, grâce notamment à l’action de Robert Schuman, luxembourgeois d’origine par sa mère. Le Luxembourg abrite aujourd’hui plusieurs institutions européennes et attire une population très internationale.

 Histoire du Luxembourg

Devise Luxembourg Mir wolle BleiwenLa capitale du Luxembourg tient son nom d’un petit château, Lucilinburhuc, situé sur le rocher du Bock. Acquis par le comte Sigefroi en 963, le petit fortin dominant la Vallée de l’Alzette donne naissance au Comté de Luxembourg. Voir plus bas la légende de Mélusine.

Le Comte Henri VII est devient roi en 1308, puis couronnée empereur du Saint Empire romain en 1312. Son fils Jean dit l’Aveugle, à l’origine de la Schueberfouer, devient Roi de Bohème.

En 1354, son descendant Charles IV élève le Comté de Luxembourg au rang de Duché. Grâce à de nombreux rassemblements territoriaux, le Comté de Luxembourg occupe un vaste territoire étendu entre la Meuse et la Moselle. En 1364, il atteint une superficie de 10.000 mètres carrés.

A la mort de Sigismond en 1437 et faute d’héritier mâle, le Luxembourg passe aux mains des Bourguignons en 1443, avec l’annexion du Duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Le Luxembourg devient alors une province des Pays-Bas et aura ensuite un destin lié à ce royaume.

Passé aux mains des Habsbourg d’Espagne en 1555, le sud du Luxembourg dont la ville de Thionville, est cédé à la France par le Traité des Pyrénées en 1659. Assiégée par les troupes de Louis XIV en 1684, la ville de Luxembourg passe également à la France. C’est à ce moment là que sont édifiées les fortifications Vauban.

En 1697, le Comté repasse à L’Espagne, dont la Guerre de Succession donne le Luxembourg à l’Autriche en 1715. La forteresse repasse à nouveau à la France suite au blocus des troupes de la Révolution en 1795. Le Luxembourg devient Département des Forêts sous le règne de Napoléon. En 1798, a lieu la Guerre des Gourdins, “Klëppelkrich” contre le service militaire généralisé. Le code Napoléon est introduit en 1804.
En 1815, le Congrès de Vienne crée le Grand-Duché de Luxembourg et l’attribue à Guillaume 1er, roi des Pays-Bas. Le Luxembourg est démantelé. Les territoires sont attribués à la Prusse.

Avec le Traité de Londres en 1839, le Luxembourg acquiert son indépendance et sa forme actuelle, une partie étant donnée à la Belgique (la province du Luxembourg belge).

Le Luxembourg se dote d’une Constitution en 1848. 

En 1867, avec un nouveau Traité de Londres le Luxembourg acquiert le statut d’un Etat perpétuellement neutre et indépendant. La forteresse est démantelée et les garnisons prussiennes quittent le territoire.

C’est en 1890 que le Luxembourg obtient sa propre dynastie avec l’avènement au trône du Grand-Duc Adolphe de Nassau-Weilbourg.

Comme on peut le voir, la forteresse d’origine se renforça au fil des siècles et des assaillants. Elle devint la “Gibraltar du Nord”, protégée par 3 ceintures fortifiées et 24 forts. Un immense réseau de 23 km de galeries souterraines creusées dans la roche, abritait les soldats et les chevaux. Elle permettait surtout de survivre aux assauts grâce aux cuisines, boulangeries et abattoirs souterrains. C’est suite à l’indépendance du Luxembourg en 1839, que la forteresse sera évacuée et démantelée. Les fortifications sont rasées en en 1867, pour être remplacées par de nouveaux aménagements comme le Jardin Municipal.

”Mir wölle bleiwe wat mir sin” – « Nous voulons rester ce que nous sommes »
La devise du Luxembourg témoigne de sa volonté d’indépendance vis-à-vis des pays l’ayant annexé et de sa volonté de conserver son identité nationale

Légende de Mélusine

Mélusine était l’épouse du Compte de Sigefroi, fondateur de la Ville de Luxembourg.

La légende raconte que c’est au cours d’une chasse à l’ours dans les “Bockfiels”, parmi les ruines d’un vieux château, que le Comte Sigefroi avait été séduit par la voix d’une belle jeune fille, Mélusine. Tombé amoureux, il lui proposa de l’épouser. Celle-ci accepta à condition de ne jamais quitter les lieux et qu’il ne l’épierait jamais.

Ils s’installèrent à cet endroit et furent heureux jusqu’au jour où le Comte Sigefroi curieux de voir ce que faisait sa femme lorsqu’elle s’isolait, l’épia à travers le trou de la serrure. Il l’aperçut alors allongée dans son bain, peignant ses longs cheveux, avec une queue de poisson au lieu de jambes.

Trahie, Mélusine disparut dans les flots de l’Alzette.

La légende raconte qu’elle réapparait tous les 7 ans, sous forme de serpent, attendant que quelqu’un la libère de son sort. Pour cela, il faudra prendre une clé dans sa bouche et la jeter dans l’Alzette.

En attendant sa délivrance, elle coud une chemise, rajoutant un point tous les 7 ans. Quand la chemise sera finie, Mélusine sera libérée de son sort, mais tous les habitants de Luxembourg disparaitront alors avec elle.

On peut voir la statue de Mélusine au bord de l’Alzette, à l’endroit même où elle aurait disparu dans ses flots. 

Les institutions politiques

D’un point de vue politique, le Luxembourg est un Etat souverain et indépendant. C’est une démocratie parlementaire sous la forme d’une monarchie constitutionnelle. La couronne est héréditaire dans la famille des Nassau-Weilbourg.

La fête nationale est le 23 juin, jour symbolique de l’anniversaire du Grand-Duc.

Le pouvoir législatif

Le pouvoir législatif est partagé entre la Chambre des députés, le gouvernement et le Conseil d’Etat.

La Chambre des députés

La Chambre des députés débat et vote les lois. Elle peut également proposer des lois. La commission parlementaire de contrôle de l’exécution budgétaire, présidée par un député de l’opposition, a un droit de regard sur la gestion de l’Etat.

Les députés sont au nombre de 60. Ils sont élus pour 5 ans au suffrage universel, à la proportionnelle.

Les dernières élections législatives ont eu lieu en octobre 2018.

Au sein de l’assemblée,  les partis politiques représentés sont :

  • Parti populaire chrétien-social (CSV) : 21 sièges. La quasi totalité des premiers ministres luxembourgeois sont issus du CSV (Chrëschtlech-Sozial Vollekspartei), hors Gaston Thorn (Premier Ministre de 1974 à 1979) et Xavier Bettel (Premier Ministre depuis 2013 ), tous deux issus du DP (Demokratische Partei). Jean-Claude Juncker, CSV, était Premier Ministre du Luxembourg de 1995 à 2013. Il a quitté son poste pour devenir Président de la Commission Européenne de 2014 à 2019. Le CSV est proche des Républicains en France et de la CDU en Allemagne.
  • Parti démocratique (DP) : 12 sièges. Le DP est un parti centriste avec une tendance libérale. Le DP est membre de l’Alliance des démocrates et des libéraux européens. Xavier Bettel, actuel Premier Ministre, est issu de ce parti.
  • Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP) : 10 sièges. Le LSAP (Lëtzebuerger Sozialistesch Aarbechterpartei) a participé à des gouvernements de coalition en 1974-1979 et depuis 2013. Le LSAP est membre du Parti socialiste européen.
  • Les Verts (déi gréng) : 9 sièges. Le parti écologiste a été pour la 1ère fois au pouvoir avec le gouvernement de coalition de Xavier Bettel en 2013.
  • Alternativ Demokratesch Reformpartei (ADR) : 4 sièges. L’ADR est un parti conservateur, à tendance populiste. Il est membre de l’Alliance des Conservateurs et réformistes Européens.
  • déi Lénk : 2 sièges. Membre du Parti de la gauche européenne
  • le parti Pirate : 2 sièges.  Parti dans la lignée des partis Pirates européens, il prône la démocratie au travers de la transparence de l’Etat et des droits civiques.

Le gouvernement

Le gouvernement a un droit d’initiative législative par le biais de projets de lois.

Le Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat est composé de 21 conseillers, nommés et démissionnés par le Grand-Duc sur la base des propositions faites alternativement par le gouvernement, la Chambre des Députés et le Conseil d’Etat.

Il émet son avis sur les projets et propositions de lois présentés à la Chambre, préalablement au vote des députés. Il examine notamment la conformité des textes à la Constitution, aux diverses conventions internationales et principes généraux du droit.

Le pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif est exercé conjointement par le Grand-Duc et le gouvernement

Le Chef de l’Etat, le Grand-Duc

Le Grand-Duc est le Chef de l’Etat, mais sa personne est inviolable. Sa responsabilité ne peut pas être engagée. Il ne peut être ni accusé, ni poursuivi. Il promulgue les lois dans le recueil de législation appelé Mémorial. Les lois sont contresignées par un Ministre, responsable du portefeuille ministériel concerné. Tout acte portant la signature du Grand-Duc doit au préalable être soumis à la délibération du Conseil de Gouvernement.

C’est en 1890, que le Luxembourg obtient sa propre dynastie avec l’avènement sur le trône du Grand-Duc Adolphe de Nassau-Weilburg.

Après Guillaume IV son fils, c’est sa petite-fille la Grande-Duchesse Marie-Adélaïde qui monte sur le trône en 1912 à 17 ans. Suite à des reproches quant à son attitude pendant l’invasion des troupes allemandes durant la 1ère Guerre Mondiale, elle abdique en 1919. en faveur de sa soeur, la Grande-Duchesse Charlotte.

Sous son règne, le pays est à nouveau envahi par les troupes allemandes lors de la Seconde Guerre Mondiale. Ne souhaitant pas se soumettre, la Grande-Duchesse et son gouvernement partent en exil à Londres. Le Luxembourg est libérée en juin 1944 par les troupes américaines.

Le Grand-Duc Jean succède à sa mère en 1964, suite à l’abdication de la Grande-Duchesse Charlotte.

Son Altesse Royale, le Grand-Duc Henri succède lui-même à son père, le Grand-Duc Jean en octobre 2000. Il occupe depuis le trône avec son épouse, Son Altesse Royale la Grande-Duchesse Maria-Teresa, originaire de Cuba.

Le Grand-Duc Héritier est le Prince Guillaume, leur fils ainé, accompagné de son épouse la Grande-Duchesse Héritière, la Princesse Stéphanie d’origine belge.

Visitez le Palais Grand-Ducal de Luxembourg.

Le  gouvernement luxembourgeois

A la suite des élections législatives, tous les 5 ans, le Grand Duc nomme un informateur, chargé de proposer un gouvernement. Dans les faits, l’informateur devient souvent Premier Ministre et Chef du gouvernement. Il est nommé par le Grand-Duc. 

Le gouvernement est constitué de plusieurs ministres, nommés par le Grand-Duc sur la base des propositions du Premier Ministre. Le gouvernement est en charge d’élaborer les projets de lois. Chaque ministre se voit confier un ou plusieurs Ministères.

Le gouvernement issu des élections de 2018 est un gouvernement de coalition, entre le DP (Demokratische Partei), le LSAP (Lëtzebuerger Sozialistesch Aarbechterpartei) et le parti écologiste dei Gréng.

Malgré un nombre majoritaire de sièges obtenu lors des dernières élections de 2013 et 2018, le CSV (Chrëschtlech-Sozial Vollekspartei – parti Populaire chrétien social), au pouvoir pendant près 35 ans se retrouve encore une fois dans l’opposition. Jean-Claude Juncker, son représentant a été Premier Ministre pendant 19 ans et a quitté ses fonctions suite à sa nomination en tant que Président de la Commission Européenne en 2013.

Le Premier Ministre est Xavier Bettel, issu du Parti Démocratique (DP)

  • Xavier Bettel (DP), Premier ministre depuis décembre 2013 et ministre d’Etat. Il est également en charge de la Communication et des Médias, des Cultes, de la Digitalisation et de la Réforme administrative,
  • Paulette Lenert (LSAP), Vice Premier-Ministre, Ministre de la protection des consommateurs, Ministre de la santé et Ministre déléguée à la Sécurité Sociale.
  • François Bausch (dei Greng) Vice-Premier ministre, Ministre de la Défense, Ministre de la Mobilité et des Travaux publics,
  • Jean Asselborn (LSAP), ministre des Affaires étrangères et européennes, ministre de l’Immigration et de l’Asile
  • Claude Meisch (DP), ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,
  • Corinne Cahen (DP), ministre de la Famille et de l’Intégration, ministre à la Grande Région
  • Joëlle Welfring (Déi Gréng), Ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement Durable
  • Marc Hansen, Ministre de la Fonction Publique, Ministre aux relations avec le Parlement, Ministre délégué à la Digitalisation, Ministre délégué à la Réforme Administrative
  • Claude Turmes (dei Greng), Ministre de l’Energie, Ministre de l’Aménagement du territoire
  • Sam Tanson (dei Greng), ministre de la Justice, ministre de la Culture
  • Taina Bofferding (LSAP), ministre de l’Egalité entre les Hommes et les Femmes, Ministre de l’Intérieur
  • Lex Delles (DP), ministre du Tourisme, Ministre des Classes Moyennes
  • Henri Kox, Ministre de la Sécurité Intérieure, Ministre du Logement
  • Franz Fayot (LSAP), Ministre de l’Economie, Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire
  • Claude Hagen (LSAP), Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, Ministre de la Sécurité Sociale
  • Georges Engel (LSAP), Ministre des Sports, Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’économie sociale et solidaire
  • Yuricko Backes (DP), Ministre des Finances.

Voir le système électoral de la Chambre des députés et des communes.

Le pouvoir judiciaire

Le pouvoir judiciaire est totalement indépendant. Les cours et les tribunaux sont chargés par la Constitution d’exercer le pouvoir judiciaire.

Les membres du Parquet sont dirigés par le Procureur Général d’Etat.

La cour constitutionnelle

Elle est composée de 9 membres et siège à Luxembourg. Elle statue sur la conformité des lois par rapport à la Constitution.

Les justices de paix

Elles constituent le premier échelon de l’ordre judiciaire. Elles siègent à Luxembourg, Diekirch et Esch-sur-Alzette.

Elles sont compétentes pour les affaires civiles et commerciales de moindre importance, à condition que l’objet du litige ne dépasse pas 10.000 euros et en dernier ressort jusqu’à 750 euros.

Elles sont également compétentes en matière de baux à loyer et de saisies sur salaires, quels que soient les montants incriminés.

Les tribunaux d’arrondissement

Ils siègent à Luxembourg et Diekirch et sont compétents en matière civile et commerciale pour toutes les affaires non attribuées à une autre juridiction.

Ils sont aussi compétents en matière pénale jusqu’à emprisonnement de 8 jours au moins ou les amendes de plus de 250 euros. Ils sont compétents en matière d’affaires criminelles pour la réclusion à vie ou de plus de 5 ans.

Ils sont compétents en appel pour les affaires traitées par les justices de paix, dont l’objet du litige dépasse 750 euros.

Le Tribunal de la jeunesse et des tutelles juge les affaires sur la protection de la jeunesse.

La Cour supérieure de justice

Elle est composée d’une Cour de cassation et une Cour d’appel.

Luxembourg, pays fondateur de l’Union Européenne et capitale de l’Europe

Le Luxembourg est l’un des 6 membres fondateurs de l’Union européenne. Il a vu certains de ses citoyens en devenir d’illustres figures. Parmi eux, on compte Robert Schuman, né à Luxembourg en 1886 et l’un des « pères fondateurs » de l’Europe avec la création de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) en 1951.

En 1952, la ville de Luxembourg a été le premier lieu de travail des institutions communautaires.

En 1957, la création de la Communauté Economique Européenne par Jean Monnet marque un pas supplémentaire vers une organisation supranationale européenne. Au départ fondée par l’Allemagne, la France, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas et l’Italie, elle-ci est peu à peu élargie à d’autres pays. L’Union Européenne compte aujourd’hui 27 pays.

La capitale luxembourgeoise, Luxembourg, accède au titre de capitale européenne en 1986 suite à la fusion des institutions européennes, au même titre que Bruxelles et Strasbourg.

La ville de Luxembourg abrite aujourd’hui les sièges de plusieurs institutions et organes européens. Parmi celles-ci, la Cour de justice, la Cour des Comptes, la Banque européenne d’investissement, le Fond européen d’investissement et plusieurs services de la Commission européenne. On parle d’ailleurs du quartier européen dans le secteur du Kirchberg.
Aujourd’hui, on compte parmi les résidents luxembourgeois plus de 14.000 fonctionnaires européens, dont 3.700 personnes pour la Commission Européenne.

En 2020, un mini-séisme agite le monde européen. La Chafea, Agence exécutive pour les consommateurs, la santé, l’agriculture et l’alimentation quitte le quartier de Gasperich où elle officiait depuis plus de 10 ans. 80 personnes quittent le Grand-Duché. Relocalisée à Bruxelles, elle pourrait être dissoute. 

Pour certains, cela pourrait être le signe que Luxembourg perdrait peu à peu son statut de capitale de l’Union Européenne, alors que la présence des institutions européennes était acquise jusqu’en 2015. On sait par ailleurs que de nombreux fonctionnaires européens rechignent aujourd’hui à venir au Luxembourg. Malgré une qualité de vie indéniable, Luxembourg affiche malheureusement des loyers trop élevés et des problèmes de circulation.