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Devenir médecin généraliste au Luxembourg avec un diplôme étranger? C'est possible.

Diplômée en Italie en tant que médecin, Dr Cecilia Magris Barbazza est maintenant un médecin généraliste heureux au Luxembourg. Elle nous livre son expérience ainsi que des conseils utiles aux personnes susceptibles d'être intéressées à suivre le même chemin de carrière. 

Depuis combien de temps êtes-vous au Luxembourg et pour quelle raison êtes-vous venu dans ce pays?

Je suis né au Luxembourg puis, de 2003 à 2010, j'ai étudié en Italie à la Faculté de médecine et de chirurgie à l'Université des études de Milan.

Je suis définitivement revenue au Luxembourg en octobre 2010 après l’obtention de mon diplôme. En Italie, j’aurais dû attendre au moins 1 an et demi pour être en mesure de commencer ma carrière dans ma spécialité tandis qu'au Luxembourg, je pouvais commencer de suite. Considérant que ma famille vivait encore ici et que mon mari avait trouvé un emploi au Luxembourg, mon installation a été simple et rapide.

Lorsque vous êtes revenue au Luxembourg avez-vous trouvé des difficultés dans la reconnaissance de vos expériences et/ou de vos diplômes professionnels?

Je n'ai eu aucun problème concernant la reconnaissance de mes qualifications. Le seul problème a peut-être été de trouver traducteur officiel afin de traduire mes diplômes en français. Si vous avez étudié dans un pays de l’UE, la procédure est simple, rapide et claire et vous pouvez trouver tout ce dont vous avez besoin sur le site du ministère de la Santé.

Pouvez-vous nous dire quels sont les avantages pour pratiquer votre profession au Luxembourg?

Comme il s’agit d’une profession libérale, vous pouvez vous organiser comme vous voulez (lieu de travail, horaires, etc.) ce qui est idéal si vous avez une famille. Contrairement à l'Italie, ici au Luxembourg, le médecin généraliste est reconnu comme principal pour prendre soin du patient, à la fois par les médecins spécialistes mais également par le patient lui-même.

Les contacts avec les experts et avec les hôpitaux sont immédiats et permettent de collaborer au mieux pour prendre soin du patient.

Être dans un petit pays permet d’assister facilement à un grand nombre de cours et de réunions organisées par les médecins et les enseignants belges, français et allemands, ce qui permet d’améliorer nos compétences.

La diversité de Luxembourg nous donne la possibilité d'interagir avec différentes cultures et différentes demandes; cela nous enrichit à la fois sur le plan personnel mais également sur le plan culturel. En effet, nous pouvons parler chaque jour différentes langues et ainsi améliorer nos connaissances lexicales.

La bureaucratie existe également ici mais de manière plus simplifiée qu'en Italie.

Au Luxembourg, les patients n’ont pas besoin d'aller voir un médecin généraliste avant d'aller voir un médecin spécialiste. Ils viennent donc plus volontiers nous rendre visite même pour un simple premier avis ou suggestion concernant leur traitement médical. De cette manière nous construisons une relation de confiance totale et parfois aussi d'amitié avec le patient.

Les inconvénients?

En tant qu’indépendant, nous devons travailler plus et payer plus d'impôts que nos confrères italiens. Honnêtement, depuis aussi longtemps que j'exerce au Luxembourg en tant que médecin, je ne vois pas d'autres inconvénients.

Pensez-vous que les médecins italiens ont une approche différente en ce qui concerne les soins aux patients par rapport à leurs collègues étrangers ?

Je ne pense pas que la nationalité ait un impact en ce qui concerne l'approche avec le patient. Je pense que tout le monde a sa propre personnalité et sa façon de faire et chaque jour, nous devons prendre soin de chacun de nos patients. 

Sur la base de votre expérience professionnelle, pensez-vous qu'il y ait des nationalités plus exigeantes vis à vis de leur propre santé ?

On ne peut pas généraliser. Mais il est vrai que les peuples méditerranéens (surtout italiens, grecs et portugais) vivent avec plus d'angoisse et d'inquiétude concernant les maladies, ce qui nécessite un plus grand suivi et une plus grande implication de la part des médecins.

Que proposez-vous à vos collègues italiens qui veulent venir travailler ici au Luxembourg?

Je leurs suggère d’apprendre d'autres langues dès que possible afin d'être en mesure de communiquer avec des personnes de différentes nationalités. Je voudrais vous rappeler que les langues officielles au Luxembourg sont au nombre de 3 et qu'elles sont toutes importantes.

Dites-nous ce qu’il vous vous manquerait du Luxembourg si vous deviez quitter le pays demain ?

Je pense que ce qui me manquerait le plus serait la diversité du pays ainsi que l'opportunité de parler plusieurs langues chaque jour, une qualité de vie difficile à trouver ailleurs et le fait de vivre dans une capitale située au centre de l'Europe.

Je dirais : La diversité de ce pays,  la possibilité de parler plus des langues différentes chaque jour, une qualité de vie difficile de trouver ailleurs, le fait de vivre dans une capitale avec une position enviable dans le coeur de Europe ; et dans mon travail,  les libertés dans mes choix professionnels.

Concernant ma profession, une fois essayé, les libertés dans mes choix professionels sont essentiels et incomparables. 

Interview de Francesca Vantellini,
membre du Club des ambassadeurs JUST ARRIVED

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